Faune : Le loup de retour en Vendée ?

Le loup serait-il de retour en Vendée ? C’est ce que prétendent les bénévoles de l’Observatoire du loup. Selon eux, trois faits attesteraient sa présence dans le département :

  • Au mois d’avril 2018, des troupeaux de bovins ont été mis en fuite à deux reprises à Venansault, à l’ouest de La Roche-sur-Yon. De quoi attirer l’attention de trois pisteurs vendéens de l’Observatoire.
  • Puis, en septembre, des hurlements caractéristiques ont résonné dans les vallons de Saint-Flaive-des-Loups.
  • Enfin, dimanche 28 octobre, un veau de 60 kg a été dévoré dans la campagne venansaltaise.

Pour l’Observatoire du loup, la carcasse porte les stigmates d’un festin lupin. Avec « une jolie perforation au cou », indique l’un des observateurs qui s’est rendu sur place pour prendre des clichés. « Je crois même voir sur la première photo un hématome à la trachée, typique du loup. Je n’en ai jamais vu sur des attaques de chiens car ils relâchent régulièrement la proie et la croquent plusieurs fois », précise ce dernier sur la page Facebook de l’Observatoire. Il conclut : « Pour moi, c’est assurément une prédation de loup, mais pas tout seul ».

La Vendée placée en zone de Dispersion

« Départements sous surveillance » : Départements avec présence aléatoire possible du canidé. « Départements sous dispersion » : Départements où le canidé disperse avant de s’établir définitivement (1 ou+).
« Départements sous flux de dispersion permanent » : Départements où le canidé est établi et se reproduit.
« Départements sous dispersion probable du loup gris européen d’origine allemande (Canis lupus).
« Départements où l’absence du canidé est certaine.

A posteriori, les effectifs présents en Vendée et les départements voisins pourraient avoir pour origine le Puy de Dôme, ils pourraient avoir dispersé dans la Creuse, l’Allier et L’Indre et la Vienne et les Deux-Sèvres avant de passer dans le département de Vendée. Il est tout à fait possible que deux individus non affiliés regroupés en 2017 dans la Vienne soient présents en 2018 dans le département vendéen.

Loup y es-tu ? Qui es-tu ?

Le loup gris (Canis lupus) appartient à l’ordre des Carnivores et à la famille des Canidés qui compte une quarantaine d’espèces dont les renards, chacals, coyotes, lycaons etc … Il habite tous les types de milieux naturels de l’hémisphère Nord, des montagnes européennes aux plaines boisées, en passant par tous les types de peuplement forestiers, les plateaux cultivés de Castille en Espagne, l’Arctique, la toundra, les steppes de Mongolie, les montagnes du Caucase, de l’Altaï ou du Pamir jusqu’à 5500 m d’altitude et les zones semi-désertiques d’Arabie saoudite ou d’Israël.
Image associéeLe loup est une espèce sociale dont les populations sont structurées en groupes familiaux appelés meutes. Celles-ci se composent d’un couple dominant reproducteur et de ses jeunes de l’année, parfois d’un ou deux jeunes de l’année précédente. En France, les meutes comportent généralement deux à six individus en fin d’hiver, rarement plus de huit.  Le territoire d’une meute varie en fonction de l’abondance et de la répartition des proies. Dans les Alpes, sa superficie est de l’ordre de 200 à 400 km2.

Résultat de recherche d'images pour "loup france"Le couple dominant ne se reproduit qu’une fois par an. Une portée compte environ 4 à 8 louveteaux.La mortalité des jeunes est importante et intervient surtout au cours de leur première année. Ils quittent le groupe entre 2 et 4 ans. Ces loups en dispersion représentent 10 à 40 % de l’effectif d’une population. Vulnérables et peu expérimentés, ces jeunes parcourent des espaces qu’ils ne connaissent pas et doivent chasser seuls.

Le territoire d’une meute varie en fonction de l’abondance et de la répartition des proies. Dans les Alpes, sa superficie est de l’ordre de 200 à 400 km2. Il loup peut consommer des insectes et des fruits comme des grands mammifères mais il est principalement dépendant des ongulés. Il peut aussi se nourrir d’animaux qu’il trouve morts dans la nature (charognes). Ce prédateur est capable de s’adapter à des situations très diverses, ce qui lui permet d’exploiter l’ensemble des populations d’ongulés d’une région. Pour survivre, il doit disposer de ressources abondantes et accessibles toute l’année. Les ongulés sauvages (chamois, mouflons, chevreuils, cerfs, sangliers…) constituent ses proies principales. Le loup ne se maintiendrait pas en l’absence de cette faune sauvage.

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Comme l’activité cynégétique régresse dans certaines régions, l’arrivée des loups contribuera à réguler les ongulés sauvages. Le loup ajuste ses effectifs aux ressources disponibles et ne provoque jamais la disparition de ses proies. Les loups s’installent préférentiellement dans les sites qui présentent les plus importantes densités de grands herbivores sauvages. On observe alors, au cours des premières années, une réduction plus ou moins sensible de l’effectif des ongulés. A la suite d’une diminution des ressources, la mortalité naturelle des jeunes loups augmente et un équilibre s’établit.

Cependant, quelle que soit la densité de ces proies naturelles, les tentatives de prédation sur le bétail persistent, essentiellement du printemps à l’automne. Il existe des solutions éprouvées pour limiter l’impact du loup sur les troupeaux domestiques.

Présence en France

Le loup est l’un des carnivores qui occupait la plus vaste aire de répartition dans le monde (ensemble de l’hémisphère nord). A la fin du 18ème siècle, il y avait entre 10 et 20 000 loups en France (estimations à partir d’une moyenne de 6000 loups tués annuellement).
L’espèce était présente du bord de la mer à la haute montagne. Après une persécution organisée, l’espèce a disparu au cours des années 1930. Les derniers loups vivaient en Dordogne, en Charente, dans la Vienne et la Haute-Vienne. Dans les Alpes, l’espèce avait déjà disparu depuis une trentaine d’années.

Le loup, une vieille histoire avec la Vendée

Une lettre du curé du Pissote (Vendée), publiée dans les Affiches du Poitou, le 16 juin 1785. rapporte les attaques d’une louve enragée qui a commencé, près du Poiron , par mordre au visage et aux mains un homme de Mervent qui en décèdera. Un berger a ensuite pu se sauver en se mettant à terre, protégé par ses hardes, et en se cachant le visage avant que des hommes et des chiens ne mettent la bête en fuite. Elle poursuit sa course et s’en prend à deux hommes qui se défendent ; l’un, un meunier, est mordu à la cuisse, celui-là n’en est point mort ; « je crois que la raison en est que la louve ayant mordu au travers d’une culotte fort épaisse, l’écume, ou si vous voulez la morve, n’ayant point atteint la peau, n’a pu communiquer son venin […] Elle est finalement terrassée par un groupe avec fusils et fourches ».
 
En 1804, la bête du Gévaudan version 85

La bête de Boussay est un animal anthropophage ayant sévi en 1804. Probablement un loup enragé, cet animal a fait au moins cinq morts et fait des dégâts dans les troupeaux. Ces attaques se sont produites sur la commune de Boussay en Loire-Atlantique, ainsi que sur les communes vendéennes voisines de la Bruffière et des Landes-Genusson, en Vendée. Cette bête aurait fait près de cinq morts et des pertes de troupeaux, en une heure de temps.
Le 2 août 1804, à 5 heures du matin, aux Landes-Genusson, cette bête a terrassé deux hommes qui étaient affairés à la charrue, à la métairie de Chambrette, puis a dévoré une jeune fille à la métairie de Chatennier1. Puis elle s’est dirigée à la Bruffière, au hameau du Beau-Potés, où trois personnes ont été dévorées1. Puis, toujours à la Bruffière, à la Poinstière, une jeune fille de 15 ans a été affreusement mutilée. Elle gardait son troupeau, et en voyant la bête elle a hurlé pour l’effrayer et l’empêcher d’attaquer ses animaux. Loin de faire fuir cette bête, l’animal saute sur elle puis lui mord le bras et lui dévore une partie de la tête, dont il ne restait qu’une partie grosse comme la main. Le plus atroce, c’est qu’elle n’est pas morte sur le coup.
Après ceci, ce monstre a traversé le pont menant à Boussay, où des villageois du hameau de Charié ont réussi à abattre l’animal, avec beaucoup de mal (ils ont dû s’y prendre à plusieurs fois et un homme a eu la main gauche dévorée). Cette mise à mort arrête le carnage à 6 heures du matin.

Un bon nombre de ces récits, enregistrés le plus généralement, a déjà fait partiellement l’objet de recensement et de travaux à partir des collectes régionales conservées au Centre d’Études,
de Recherche et de Documentation sur l’Oralité, à la Maison des cultures de Pays à Parthenay.
En 1980, Mr Bouchet, curé de Nesmy (Vendée), rapporte ce que lui ont raconté ses grands-mères et son grand-père paternel. Rose Auré, sa grand-mère paternelle, était une petite bergère, vers 1860, à Saint-Malo-duBois et Chambretaud (Vendée). Elle racontait que d’un pré à l’autre, bergers et bergères, sitôt aperçu le fauve par l’un d’entre eux, se criaient : « Au loup, au loup ! On rassemblait vite le troupeau dans un coin du pâtis, sous la garde du chien. Et les bergères, ajoutait ma grand-mère, se défaisaient les cheveux ».
Les loups deviennent de plus en plus rares dans la deuxième moitié du XIXe siècle et disparaissent pendant cette période.
 
Image associéeEt voilà, il serait de retour. J’entends déjà des voix s’élever contre son arrivée et d’autres chasseurs fantasmer à l’idée de le traquer. mais que diable, par pitié, si nous saluions seulement son arrivée comme un signe positif d’une nature blessée qui reprend un peu ses droit sur une planète qui nous a été juste prêtée ?
 
O. S-H

 

 

Si vous détenez des informations concernant la présence du loup dans les départements des pays de Loire merci de contacter l’ODL ici: observatoireduloup@hotmail.fr


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2 commentaires

  1. J’ai vu le loup!!!!, il y à une quinzaine d’année alors que je roulais sur la petite route qui traverse les bois de St Hilaire du Bois (85410) il faisait nuit c’était en automne, je roulais doucement car à cette époque, il était très courant de rencontrer des daims, les lapins etc…. (ce qui n’est plus le cas maintenant), lorsque tout à coup sortant d’un fourré j’ai vu, ce qui j’ai pris sur le coup un pour un gros chien, je me suis arrêté, et ne rigolez pas, nous nous sommes regardé, j’ai pu le détailler pendant quelques secondes, c’était un loup!!!, il c’est retourné et est reparti dans les bois. Je peux vous dire que l’on c’est moqué de moi lorsque j’ai parlé de ma rencontre. Mais ce n’est pas terminé, en effet une petite semaine après ma fameuse rencontre, ma fille à fait également la même rencontre, sur cette petite route la nuit au même endroit, elle est arrivée toute excitée « j’ai vu un loup, j’ai vu un loup ». Je peux vous dire que j’étais très contente, j’avais bien vu un loup, nous étions deux à l’avoir vu. A cette époque nous avons pensé qu’une personne habitant dans les environs avait, ou élevait des loups, et celui que nous avions vu s’était peut être échappé. Mais même que le temps c’est écoulé, j’ai toujours son regard en mémoire, trop beau souvenir…….

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    1. Bonjour Danielle
      J’ai eu la même expérience il y a aussi une quinzaine d’années dans les bois de St Hilaire et comme vous je me suis faite raillée à l’époque. Mais je sais aussi que je me serais certainement moquée de vous 😉 à l’époque en vous entendant le raconter avant de l’avoir moi-même vécu.
      Dans la même série, un jour, en reportage, j’ai vu un aigle en plein marais mouillé vers Chaillé-les-Marais. A la rédaction tt le monde c’est moqué de moi et en fait il s’est avéré qu’en effet un aigle de Russie, un Pygargue à tête blanche, était venu s’installer du côté de l’Aiguillon…
      Bonne fin de journée Danielle et merci pour votre anecdote.
      Olivia

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